Fête Renaissance à Joinville


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Comment montaient les cavalières ?/ How did the horsewomen ride ?

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Mais comment montaient les cavalières ?

How did the horsewomen ride ?

Marie de Guise et Marie Stuart feront à cheval leur entrée à Joinville. Mais un problème se pose : comment montaient-elles ?


Remarquons d'abord que, si elles ne choisissaient ni la litière ni le carrosse, les dames pouvaient monter en croupe, même pour la chasse à courre.

Une chasse à courre, Livre d'Heures de Marguerite d'Orléans, 1430

Très Riches Heures du duc de Berry, 1416

Tapisserie, tout début XVIe


En fait, depuis au moins le XIIe, beaucoup de femmes montaient comme les hommes : à califourchon. Ronsard utilisa le premier ce mot ("
calfourchon") en 1569. Ce fut la "mode française" jusqu'au début du XVIIe s.

Allemagne, Codex Manesse, début XIVe

Rondeau des Vertus, miniature XVIe

Tapisserie, tout début XVIe



Mais, depuis le XIVe s., à cause de la lourdeur de leurs robes, certaines cavalières préféraient s'asseoir dans un petit fauteuil tourné sur la droite ou sur la gauche, assez instable, nommé "sambue" (le mot apparaît en 1330), leurs pieds reposant sur une planchette.

Elles devaient alors garder leur monture au pas, et, tournées sur le côté, elles ne pouvaient guère la guider : un valet devait donc le faire pour elles. Mais cette monte suffisait pour les déplacements et même la pratique de la fauconnerie.

Hollande, Brevarium Grimani de Horenbout, XVe

Sambue paysanne du XIXe s.



Entre le XIVe et le XVIe, dans les classes supérieures, cette "sambue" fut progressivement améliorée . Le dossier s'effaça, un pommeau près de l'encollure permit l’appui de la main, et une bosse placée au centre du siège autorisa une position plus sûre, qui permit aux dames de prendre les rênes en mains. Leur position se redressa alors vers l’avant. Marie de Bourgogne illustra cette pratique, mais mourut à 25 ans à la suite d'une chute de cheval au cours d'une chasse au faucon (1482).


Marie de Bourgogne, miniature XVe

Tapisserie, tout début XVIe

gravure de Van Orley Barend, années 1530

Tapisserie Les Chasses de Maximilien,1533



Enfin, au milieu du XVIe s. apparut la monte de trois quart (dite "en amazone" à partir de 1932). La selle dérivait de la "sambue", à laquelle on fixa solidement une fourche qui retenait une cuisse au-dessus de l'autre (cette dernière étant désormais tournée vers l'encolure), ce qui rendait la planchette inutile.

La cavalière put désormais rester en selle quelle que fût l'allure du cheval, en regardant dans le sens de la marche, ce qui permettait de suivre les chasses à courre.

Brantôme attribua cette innovation à Catherine de Médicis (donc après son mariage avec le dauphin Henri en 1536). Elle aurait voulu rivaliser avec Diane de Poitiers, qui montait fort bien à califourchon.

Catherine montant en amazone (estampe XVIe)

Selle contemporaine



Mais la monte "en amazone" ne se généralisa pas au XVIe s. Les anciens usages perdurèrent : la"mode française" resta la monte à califourchon jusqu'au début du XVIIe s., tandis que la "mode anglaise" resta fidèle à la "sambue" sous le règne d'Elizabeth Ière (de 1559 à 1603).


La sambue d'Elizabeth, avec sa planchette

La sambue d'Elizabeth (avec son pommeau et sa planchette) 1572



En conséquence, il est probable que Marie de Guise préférait monter à califourchon depuis sa jeunesse, passée à Joinville (début des années 1530). On sait que Marie Stuart adopta cette monte à son arrivée à la cour de France (en 1548), ayant abandonné la "mode anglaise". Bien sûr il faut imaginer des robes ayant l'amplitude nécessaire pour permettre d'enfourcher les montures…



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